Marche mondiale vers Gaza

 

Retour et bilan par un camarade y ayant participé : organisation, déroulement, répression et perspectives.

 
1/ Peux-tu te présenter et comment as-tu été au courant de cette caravane ? Qu’est-ce qui t’a motivé à y prendre part ?
Je me présente : Axel, dit « Greckos », de Lyon, ancien militant de l’ex-GALE dissoute par Darmanin. Je suis proche de plusieurs collectifs pro-Palestine sur Lyon, dont La Fosse aux Lyons. J’ai été au courant de la caravane en allant justement aux différentes manifs pro-pal du samedi, en discutant avec d’autres militant·e·s de La Fosse aux Lyons, avec des autonomes qui luttent dans différents collectifs, etc. Quand les gens parlaient de cette caravane, au début on regardait un peu de loin, puis au fur et à mesure, en parlant entre nous, il y en a pas mal qui se sont motivé·es à dire « moi, j’irais bien », « si toi tu y vas, moi j’y vais ». Du coup, une équipe s’est vite montée.

Ça s’est fait très rapidement parce que finalement on s’est décidé·es deux semaines avant, à peu près, même pas une vingtaine de jours avant de partir. De mon côté, je me suis organisé avec ma petite sœur, qui est à La Fosse aux Lyons. Donc on s’est préparé tous les deux, en sachant qu’on allait rejoindre d’autres camarades sur place.

2/ Qu’est-ce que la caravane Soumoud et la Marche mondiale vers Gaza ?
Il y avait deux initiatives concomitantes : la caravane Soumoud qui partait du Maghreb et la Marche mondiale vers Gaza qui regroupait plusieurs organisations internationales, principalement d’Occident, qui s’étaient engagées à y aller, puis pour certaines qui ne voulaient plus. Au départ, les drapeaux des organisations politiques étaient interdits, le but était de focaliser sur la Palestine sans faire de récupération. Par exemple : habitant en France, français, je vais en Égypte pour marcher jusqu’à Rafah pour la Palestine. Donc, il ne fallait pas sortir qu’on faisait partie de tel parti politique ou de telle orga.

Soumoud est donc une autre initiative qui s’est organisée au Maghreb. Les caravanes sont parties du Maroc au fur et à mesure, les gens se sont regroupé·es autour dans le même but que la nôtre : rejoindre Rafah. Il n’y avait pas forcément d’organisation simultanée avec eux. Cependant, dans la tête de tout le monde, bien sûr, vu qu’on est tous et toutes parti·es au même moment, le but était de se rejoindre sur la route et d’arriver ensemble. Mais de notre côté, la Marche n’a pas pu partir.
Quant aux gens de Soumoud, ils et elles ont été bloqué·es en Libye, et très, très violemment. Il y a eu des tortures, des enlèvements aussi, beaucoup de violence...

3/ Comment et où l’as-tu rejointe ? Tu es parti en mode solo ou était-ce une aventure collective ?
Au début, notre organisation, disons-le, c’était un peu merdique. La Marche était plus ou moins organisée. Au niveau de la France, il y avait une délégation française, portée par plusieurs personnes, qui nous demandait beaucoup d’informations. On nous expliquait qu’on devait absolument s’inscrire. On s’est donc inscrit·es sur une liste, on a dû donner nos noms, nos prénoms, etc. Il fallait aussi prouver qu’on avait acheté un billet d’avion. Certaines demandes nous paraissaient cheloues, comme prouver qu’on avait bien réservé dans les hôtels que la délégation nous avait désignés. À partir de ce moment-là, on s’est dit que ça commençait à être un peu mal organisé parce qu’alors qu’il n’y avait toujours pas d’autorisation pour la marche, on devait déjà donner nos noms et les hôtels où on avait prévu d’aller, donc pour nous, c’était dire où on pouvait nous arrêter. Finalement, on s’est dit qu’on s’en foutait, de toute façon, on n’avait rien à cacher, ni notre nom, ni qui on est et pourquoi on y va.

On a finalement tranché comme quoi on allait être moins parano sur la sécurité, on a donc balancé nos noms et notre billet d’avion. Cependant, on a fait gaffe pour l’hôtel, on a certes réservé dans l’hôtel qui était demandé, mais on a aussi retenu un autre en parallèle, on ne voulait pas aller dans celui que la délégation avait décidé. Ce qui, plus tard, s’est révélé un choix judicieux.

3-bis/ Aviez-vous emporté du matériel ?
Pour le trajet, on a rejoint Le Caire en avion, et de là on a appelé les différents groupes de Lyon qui étaient partis un peu avant nous pour les retrouver. Au départ, vingt jours avant, tout le monde était motivé pour prendre des tentes, à s’équiper comme pour une rando parce qu’il y avait trois jours de marche à faire jusqu’à Rafah. Au fur et à mesure que les potes sont arrivés sur place et que la répression commençait à se déchaîner (à peine des gens arrivaient au Caire, qu’ils se faisaient renvoyer illico, ils posaient un pied en Égypte, et hop, c’était demi-tour, vous dégagez dans votre pays), on a tous et toutes abandonné ce plan pour se mettre en mode touriste lambda le plus possible, c’est-à-dire pratiquement rien qui ressemblait à un truc de randonnée, pas de tentes, rien du tout, et on s’est dit que de toute façon on verrait bien sur place, et s’il faut dormir dehors par terre, on dormira dehors par terre.
Pour être sûr de passer à la douane, un pote allait encore plus loin dans le délire, il a mis des palmes, un masque et un tuba dans son sac, puis il est arrivé avec une béquille pour prouver qu’il ne pouvait pas marcher.

4/ Comment se sont passées les relations avec les autorités des pays traversés ? 4/-bis La répression a-t-elle eu lieu en Égypte ou dès la Libye ?
Pour la caravane de Soumoud (celle qui venait du Maghreb), la répression a eu lieu en Libye. Pour la nôtre, elle s’est déroulée au Caire et ensuite un peu plus loin, le jour où on a voulu commencer à marcher vers le Sinaï, où là, on a eu la répression tout au long de la tentative pour l’atteindre, sur plusieurs check points, jusqu’au point final, qui avait été donné pour le premier jour.

Avec les autorités, ça s’est très mal passé, et ce, dès l’aéroport. En fait, en Égypte, il y a beaucoup de flics, mais finalement, je dirais peut-être moins visibles qu’en France. Le souci est que tout le monde est plus ou moins flic, il y a des mecs du renseignement et des civils de partout, et il y a tout le monde qui poucave, du coup, on s’est fait beaucoup suivre par des flics en civil, et tu ne sais même pas si c’est des keufs, des agents du gouvernement ou des milices, tu ne sais pas trop. Je ne sais pas si vous avez vu les vidéos, il y a eu de la répression de la part des Bédouins un peu avant le Sinaï.

Il s’agit de milices qui sont payées. Il ne s’agit pas de mecs qui, par eux-mêmes, se sont dit : « Tiens, je vais aller tabasser les manifestant·es. » Ce sont des groupes qui sont payés par les flics, c’est un peu mafieux, avec pour consigne : « Voilà, vous allez nous dégager tous ces marcheurs-là, faites ce que vous voulez, on vous paie. » En gros, c’est soit ils obéissent et ils choppent un billet, soit ils n’obéissent pas et ils sont mal vus, et ça risque de se retourner contre eux. Ça permettait également d’avoir des images sur lesquelles on voyait très peu de flics taper, et plutôt des gens en civils ou des Bédouins faire le sale boulot. Ça, c’étaient les trucs les plus violents.

Au niveau de la Libye, ça a été très, très violent par contre... On n’en a pas été témoin, mais on a eu des retours, comme je pense que vous avez pu voir sur certains réseaux. C’était tellement violent que la caravane de Soumoud a décidé de faire demi-tour.

5/ Comment expliquer le soutien de l’Égypte à Israël ?
Le soutien de l’Égypte à Israël se comprend assez « facilement », car le pays tient avec des subventions des États-Unis, qui sont énormes. En contrepartie, l’Égypte doit être garante d’une sorte de paix avec Israël et accorder un certain appui militaire aux États-Uniens, etc.

C’est pour ça que Sisi soutient... En même temps, il fait semblant de ne pas soutenir, car vis-à-vis de sa population, il est obligé de dire qu’il ne soutient pas Israël. C’est totalement hypocrite. Il y a toute une propagande sur la souveraineté du pays, alors qu’en fait, pas du tout, ils et elles sont clairement dirigé·es par les US.

Si l’Égypte bouge, l’argent ne vient plus, le régime a une grande chance de tomber, ou que Sisi se fasse renverser. Parce que si ce dernier n’est pas apprécié en Égypte, le faire renverser en soulevant son peuple, je pense que ça serait assez facile pour les pays occidentaux. Donc, ils le maintiennent sous pression, et il est sous les ordres des États-Unis, donc aussi d’Israël.
Ainsi, pendant que je prépare ce témoignage, un accord de 35 milliards de dollar vient d’être signé pour des livraisons de gaz de l’État hébreux vers l’Égypte.

6/ Du côté des populations, quelles étaient leurs réactions ?
La réaction de la population à notre égard a été tout autre. On a franchement été bien accueilli·es. Les civils qui se sont mal comportés font soit partie de la police, soit du gouvernement, soit de l’armée. Parmi la population, j’ai plusieurs exemples, comme les taxis qui passaient de la musique pour la Palestine ou quand on est allé devant l’ambassade de France, certains foutaient un peu le bordel, il y a également une Égyptienne qui s’est arrêtée, nous a klaxonné·es, puis qui est sortie la voiture en disant « Free Palestine ».

Ils et elles ont eu de fortes pressions, les hôtels ont dû balancer les noms de marcheur·euses qui venaient chez elles et eux, etc. Mais ce n’était pas contre la Marche, c’est vraiment à cause de la pression de la police et de l’armée, mais sinon on était très bien vus et très bien accueilli·es.

6-bis/ La caravane ou ses membres ont-ils/elles eu du soutien de militant·es anti-sionistes israélien·nes ?
Sur le soutien de militants anti-sionistes israélien·nes, je ne pourrais pas du tout répondre. J’en ai aucune idée. S’il y en avait, ils et elles étaient très, très, très peu nombreux·ses.

7/ La caravane n’a donc pas pu aller jusqu’au bout. Était-ce une option que les participant·es avaient en tête ? Si oui, quels étaient les objectifs, au-delà de l’aide humanitaire ?
La caravane n’a effectivement pas pu aller à son terme, en fonction des gens, les sentiments sont partagés à ce sujet.

Nous, les Lyonnais·ses, vu qu’on milite déjà dans des organisations – qui sont quand même un peu radicales sur plusieurs luttes, antifascistes ou sur la Palestine –, on avait senti le truc, que la marche ne se ferait pas, que la répression serait importante. Du coup, on était parti·es en se disant que ça n’irait de toute façon pas au bout.
Il faut ajouter que le jour de notre arrivée, qui était le jour de départ de la marche, c’est pile celui où Israël a attaqué l’Iran. À ce moment-là, on s’est toutes et tous fait la réflexion que c’était clairement mort.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la zone de Rafah, ainsi que le début du Sinaï, là où on voulait se rendre, est très riche. De là-bas, tu vois les missiles qui tombent. C’est une zone militaire, c’était sûr qu’ils et elles n’allaient pas nous laisser rentrer, c’était impossible. Déjà juste pour cette raison. L’organisation aurait pu se dire : pour votre protection, vous ne pouvez pas rentrer. Et vu la répression qu’il y avait quelques jours avant, on a vite compris que ça allait être mort, qu’on n’allait pas pouvoir faire la marche. On a quand même essayé de motiver sur les groupes (de messagerie) qu’il y avait pour la marche, de dire aux gens qu’il faut quand même y aller, en restant positif, en expliquant qu’il fallait absolument qu’on soit le plus nombreux·ses possible au Caire. En gros, vu que l’objectif ne pouvait être atteint et que la marche ne pouvait se dérouler, plusieurs qui ne sont pas militant·es et qui se sont déplacé·es là-bas ont protesté que c’était inadmissible, s’insurgeaient qu’on ne puisse pas faire une marche pacifiste. Vous connaissez le registre de ce genre de paroles.

Ils et elles sont tombés de haut, très déçu·es que ça arrive comme ça, bref. De notre côté, on s’était préparé·es à ce scénario et on voulait faire un peu dans la même continuité que la flottille de Rima Hassan. Comme Rima Hassan, je pense qu’elle savait très bien qu’elle n’allait pas atteindre la bande de Gaza et qu’elle ne pourrait donner de l’aide humanitaire. C’était plus pour faire un coup médiatique, pour faire tourner tous les yeux vers l’Égypte, vers Rafah, pour montrer ce qui se passe, pour montrer la complicité de l’Égypte, montrer qu’à Rafah, il y a de l’aide humanitaire qui est bloquée depuis des semaines et des semaines, et aussi prouverque ce n’est toujours pas fini. Le drame qui se passe dans la bande de Gaza, en Palestine en général, ça continue, et le fait que plusieurs pays de différentes régions du monde se déplacent au même endroit, au plus près du drame, ça ne pouvait qu’interpeller les gens, que ce soit par le biais des réseaux sociaux, des médias, etc.

On voulait montrer ça. C’était notre objectif. Malgré ces évènements on a voulu quand même y aller. Sur place, on s’est adapté·es... quand on a eu une grosse répression, parce qu’il y a eu énormément de répression, des enlèvements, des violences, des agressions sexuelles sur des marcheuses par des policiers égyptiens, des arrestations dans les hôtels, dans des taxis, dans des restaurants, etc. Donc du coup, le lendemain, ou le surlendemain, je ne m’en rappelle plus trop, on allait gueuler et foutre un peu le bordel à l’ambassade de France. On a fait ça parce qu’on s’est dit que l’ambassade de France, c’est sur le territoire français, on allait foutre le bordel dans notre pays, sur place, et peut-être pas mettre en danger des Égyptien·nes en faisant une action un peu éclatée au milieu du Caire. On s’est donc rendu·es à nos ambassades parce que pour nous, on était tout à fait légitime d’aller leur mettre le nez dans le caca, en mode leur rappeler que : ça se passe à quelques kilomètres de chez vous, vous ne faites rien, vous regardez ailleurs. Encore une fois pour pointer du doigt.

Et aussi, on a vu que ça a marché parce que l’ambassade d’Égypte a été beaucoup sollicitée, et on sait qu’il y a des choses qui sont remontées jusqu’à Paris. Les autorités savent donc qu’il y a quand même beaucoup de gens qui étaient déterminé·es et qui se sont déplacé·es jusqu’au Caire, quitte à prendre d’énormes risques.

7-bis/ Ce qu’ils ont pu faire en plus de la marche.
Et au moins, ça montre qu’il y a des gens qui sont prêt·es à faire ça pour la Palestine. De plus, on avait récolté pas mal d’argent de nos organisations, puis chacun·e d’entre nous en a donné aussi. On a fait une cagnotte. On est ensuite allé·es voir un camp de réfugié·es palestinien·nes au Caire.
Ce n’est pas un camp comme dans d’autres pays, comme en Jordanie par exemple. Là, ce sont des appartements gérés par une association.
Il y en a qui sont arrivé·es il y a un an, d’autres il y a trois mois de la bande de Gaza. On est allé les rencontrer et on a partagé à part égale les sommes par famille. Et on a ajusté par rapport à ce qu’il y avait... Il y avait des enfants qui avaient besoin de soins médicaux urgents par exemple, ce qui faisait qu’on augmentait les sommes. Ce n’est vraiment pas grand-chose, parce que même si on a récolté beaucoup d’argent, qu’on a donné, on a pu aider, je crois, 35 familles. Mais ça va seulement les aider pour deux ou trois mois, au maximum. Mais on ne voulait pas partir sans au moins faire un petit truc utile, en plus de la médiation.

7-ter/ Qu’en gardes-tu d’un point de vue militant vu que ça n’a malheureusement pas abouti ?
Du point de vue militant, je garde de cette initiative internationale du positif parce que ce n’est pas tous les jours que les gens s’organisent pour aller dans un pays qui n’est pas du tout sécurisé comme l’Égypte pour aller en direction d’un pays qui est encore moins sécurisé. Je trouve ça très, très fort d’avoir vu des gens qui ne sont pas que militant·es et des gens qui portent juste la cause palestinienne dans leur cœur prendre autant de risques.

Un soir, on a pu se rejoindre au Greek Club. C’est un restaurant grec qui était plus ou moins sous protection de l’ambassade grecque. Donc on a pu se réunir à au moins 200 dedans. Si les Grec·ques y étaient évidemment majoritaires, il y avait plusieurs autres délégations. Une assemblée s’est tenue au cours de laquelle tout le monde pouvait prendre la parole, donner son point de vue, ses ressentis, ce qu’il ou elle veut faire par la suite. Grâce à ça, on a pu rencontrer plein de gens. Par exemple, on a rencontré une fille qui était enceinte et qui avait décidé quand même de faire la marche. C’était son mari qui était resté dans son pays pour garder le reste des enfants.

Donc voilà, juste pour vous montrer la force, pour moi, de cette initiative. Elle n’a peut-être pas donné grand-chose, mais je pense qu’elle a quand même secoué celles et ceux qui y ont participé. Nous, typiquement, les Lyonnais et Lyonnaises, quand on est revenu·es, on était regonflé·es à bloc et ça nous a motivé·es à faire d’autres choses que simplement des manifs.
Là, c’est vrai que c’est l’été, donc il ne se passe pas grand-chose. On a vécu à une quinzaine de Lyonnais et Lyonnaises qui ne se connaissaient pas forcément que des manifs. On a vécu tous·tes ensemble dans une maison au Caire pendant quinze jours à débattre, discuter, vivre ensemble, partager des choses, et ouais, ça a fait beaucoup de choses. Ça nous a renforcé·es, je trouve, dans notre lutte.

J’en tire franchement que du positif pour moi-même et pour le groupe. Pour la Palestine, je ne sais pas si ça a eu beaucoup d’effets directs, même si ça a quand même fait parler du terminal de Rafah et de l’aide humanitaire bloquée, ce qui est quand même, je pense, un objectif de rempli. Et pour le fichage, on ne sait pas vraiment parce que ma sœur et moi sommes déjà fiché·es, donc on s’est fait arrêter à l’aller et au retour pendant plus d’une demi-heure.

Les autres potes, c’est passé, mais pour la suite, on ne sait pas, à part que nos noms, de toute façon, ont été balancés, on nous l’a dit clairement. De toute façon, l’ambassade avait les noms de tout le monde, etc. Est-ce qu’il va y avoir un fichage des gens, je sais pas du tout.

8/ Quelle a été la réaction des gouvernements occidentaux et des médias ? Qu’en attendiez-vous ? 8-bis/ Penses-tu que les médias indépendants ont bien joué leur rôle ?
Du côté des médias, c’est vrai que de là-bas, on ne voyait pas trop, donc c’est difficile à dire si c’était bien relayé. Il y a eu quand même un peu de relais, Blast vient de sortir quelque chose par exemple. Je pense que les médias indépendants ont fait quand même leur boulot, comme d’habitude, sur ces luttes-là. En revanche, les médias occidentaux, les médias mainstreams, ils en ont parlé, mais très vite fait. Je trouve que ça n’a pas changé grand-chose sur leur traitement. Dès qu’il y a un truc, ils essaient de le cacher. Contrairement aux médias indépendants qui font tout ce qu’ils peuvent pour le mettre en lumière, et ça marche plus ou moins. Sur les réseaux sociaux, on sait que ça a bien tourné. C’est aussi important, parce qu’il y a beaucoup de gens qui s’informent sur TikTok et Instagram. Sur ces plateformes-là, ça a clairement tourné. Rien à rajouter de plus.

9/ Quel type de personne était présent ? Des militant·es, des gens de la scène, des randoms ?
Ça n’a pas forcément bougé plus que ça. Les gens qui étaient présent·es, comme je vous l’ai dit, il y avait un peu de tout. En revanche, ce qui était surprenant, c’est qu’il y avait peu, on va dire en pourcentage, de gens très militant·es. Ça me fait penser aux Gilets jaunes. En gros, c’est des gens, qui ont été touché·es dans le cœur, à qui on a donné un rendez-vous et qui se sont déplacé·es. Comme pour les GJ le samedi sur les ronds-points en 2018 et en 2019. En tout cas côté France. Pour chaque pays, c’est assez différent bien sûr.

Pas des gens forcément très organisé·e·s. Ce sont des gens qui militent depuis très peu de temps, ou pas du tout avant. Les militant·es comme nous on va dire, on était plus en infériorité. Pour certains pays, c’était donc différent. Genre la Grèce, c’était beaucoup dirigé par des gens qui sont proches du parti qui ressemble à LFI chez eux. Pour le coup, ça se voyait. Quand il y a eu l’assemblée, c’était carré, beaucoup de trucs militants, beaucoup d’interventions vraiment politiques. Pour le Québec, c’était plus associatif puisque c’était une asso pro-Palestine qui avait organisé le voyage. Mais ils n’étaient pas très nombreux·ses. En revanche, plusieurs orga qu’on aurait cru voir être représentées n’y étaient pas…